Accueil > La Mairie > Ville inclusive > Féminisation des noms de rues

Féminisation des noms de rues à Chambéry

La Ville de Chambéry poursuit son engagement en faveur de la féminisation des noms de rues et des équipements municipaux. Lors du conseil municipal du 24 mars 2025, de nouvelles dénominations ont été adoptées, mettant à l'honneur des figures féminines ayant marqué l'Histoire.

Le thème de cette nouvelle série de dénominations : les femmes dans la Résistance, en lien avec les 80 ans de la Victoire du 8 mai 1945. Plusieurs résistantes savoyardes sont ainsi mises à l’honneur. En parallèle, plusieurs noms ont été attribués en écho à la grande année du vélo à Chambéry, ville étape du Tour de France Féminin, avec des personnalités emblématiques comme Marie Marvingt et Annie Londonderry, pionnières du cyclisme. La ville a également tenu à rendre hommage à Lucienne Richel, une figure marquante de l'histoire locale.

Tommaso Morello Inauguration de nouveaux noms de rue féminisés

Les rues féminisées à Chambéry

Carte des rues féminisées en 2025 à Chambéry Carte des rues féminisées en 2025 à Chambéry

En France, seulement 6 % des rues et 2 % des boulevards et avenues portant le nom d’une personne sont attribués à des femmes. Chambéry ne faisait pas exception, avec seulement 5 % de rues féminines en 2020.

Depuis le début du mandat, un travail important a été mené pour rééquilibrer cette représentation, permettant aujourd'hui de franchir la barre des 16 % en 2025.

 

Les femmes mises à l'honneur en 2025 dans les rues de Chambéry

Annie Cohen Kopchovsky dite Annie Londonderry (1870-1947)

  • Née en Lettonie, immigrée aux États-Unis ;
  • Aventurière et la première femme à faire le tour du monde à bicyclette après 15 mois autour du globe en 1894 ;
  • Première femme à accomplir cet exploit, défiant les stéréotypes de son époque ;
  • Son voyage, largement médiatisé, contribue à l’émancipation des femmes et à l’essor du cyclisme féminin ;
  • Elle se rebaptise Annie « Londonderry », du nom de son sponsor.
  • Décédée en 1947.

Marguerite DUNOYER (1914-2008), Résistante savoyarde

  • Née à Thonon-les-bains le 14 avril 1914 ;
  • S’engage dans la résistance à 26 ans ;
  • Agente de liaison à Chambéry, transporte le courrier du mouvement Libération-Sud sur les secteurs de Maurienne et de Tarentaise, puis plus tard sur Lyon, Annecy, Genève ;
  • Arrêtée en novembre 1941 puis janvier et mars 1942 ;
  • Responsable du service social de Libération Sud jusqu'en janvier 1943 ;
  • Février 1943 rejoint le réseau Gallia-Kasanga des Forces françaises combattantes comme lieutenante ;
  • Elle collecte du matériel médical, des vêtements, fait les liaisons entre maquisards et leurs familles, envoie colis en prison ou dans les hôpitaux ;
  • Décorée de la médaille militaire, croix de guerre avec étoile de bronze, médaille commémorative de la campagne 39/45 et médaille de la Résistance avec Rosette ;
  • Décédée le 21/01/2008 à 93 ans.

Armelle GLAIN BONNEFOND (1920-2022) Résistante savoyarde

  • DR ©DRNée le 19 juillet 1920 ;
  • Armelle Bonnefond, née Glain, s’engage dans la Résistance le 1 avril 1942 et est chargée de mission de 3e classe ;
  • Elle fait partie de plusieurs réseaux dont Sabot et Reims-Coty du BCRA (Bureau central de renseignements et d'action) pour lequel elle fournit de fausses cartes d’identité et d’alimentation ;
  • Employée au sein de la préfecture de Savoie au service des pièces d’identité, elle entre dans la Résistance très rapidement. Elle effectue des faux papiers pour les familles juives ce qui lui vaut d’être arrêtée le 3 novembre 1943 ;
  • Elle est libérée le 17 novembre et rejoint le maquis jusqu’au mois de mai 1944 ;
  • Elle s’enfuit en Lorraine grâce à une chaîne de solidarité et continue à transmettre des informations qui viennent de Londres ;
  • Elle a fait partie des réseaux Gallia et Mithridate et a également participé aux missions “Cocarde” “Maxime” et “Saint Bernard” du 02 oct 44 au 02 février 45 ;
  • Elle sera décorée de la croix de guerre, puis de la médaille des évadés le 8 juillet 1947 ;
  • Elle est décédée le 27 décembre 2022.

Simone © DR © DR FRANCK-FLOERSHEIM (1920-2011), Résistante savoyarde

  • Née à Albertville le 10 octobre 1920 ;
  • Etudiante à Chambéry au moment de la guerre ;
  • Issue d’une famille juive non pratiquante ;
  • Agente de liaison avec son frère en distribuant des lettres et journaux. Son frère part au maquis pour échapper au STO ;
  • Simone et sa famille se cachent en 1944 mais sont retrouvés par les allemands 20 jours plus tard et internés à la caserne d’Albertville, de Curial, Lyon, Drancy, Auschwitz. S’évade le 15 avril 1945.
  • Témoignera beaucoup dans les collèges et lycées à la fin de sa vie ;
  • Décédée le 6 janvier 2011.

Joséphine et Victor GUICHERD (1899-1984), (1897-1988), Justes parmi les Nations

© DR © DR

  • Le 11 septembre 1942, lors de la rafle des Juifs de Valenciennes, la famille Lewkowitz est dispersée ;
  • M. Lewkowitz fuit avec ses deux enfants, Betty (7 ans) et Jacques (5 ans), et rejoint sa sœur à Lyon ;
  • Un réseau juif de sauvetage place les enfants chez Victor et Joséphine Guicherd à Dullin, près de Lépin-le-Lac ;
  • Le couple, sans enfant, cache Betty et Jacques en prétendant qu’ils sont envoyés à la montagne pour échapper aux bombardements ;
  • Les enfants restent protégés chez eux jusqu’à la fin de l’Occupation ;
  • Le 20 novembre 1979, Yad Vashem leur décerne le titre de Justes parmi les Nations.

Marguerite LECOANET (1900-1985), Résistante savoyarde

  • Née le 6 janvier 1900 à Chambéry ;
  • S’engage au Mouvement de libération-Sud en janvier 1942 ;
  • Distribue des journaux clandestins, agente de liaison pour le mouvement et secrétaire à la direction sous-régionale puis du chef départemental du mouvement Libération-Sud puis M.U.R ;
  • Mission de mise en place d’un service social à destination des maquis ;
  • Janvier 1943 s’engage au 1er bataillon de l’AS de Savoie ;
  • Arrêtée le 3 mars 1944 ;
  • Rapatrié en France en avril 1945 ;
  • Décédée le 09/08/1985.

Mélinée Manouchian (1913-1989), résistante et mémoire de l’Affiche rouge

Archives MANOUCHIAN / ROGER-VIOLLET Archives MANOUCHIAN / ROGER-VIOLLET

  • Née à Constantinople dans l’Empire ottoman, d’origine arménienne ;
  • Résistante immigrée en France durant la Seconde Guerre mondiale ;
  • Veuve de Missak Manouchian, héros de l’Affiche rouge ;
  • Première et principale biographe de son mari, œuvrant à perpétuer sa mémoire ;
  • Engagée après-guerre dans la transmission de la mémoire de la Résistance et la reconnaissance des étrangers engagés dans les combats contre l’occupant nazi ;
  • Décédée le 6 décembre 1989 à Fleury-Mérogis en France.
  • Entrée de Missak et Mélinée Manouchian au panthéon le 21 février 2024, en reconnaissance de leur engagement contre l’occupant nazi et du sacrifice de Missak pour la France.

     

Marie Marvingt (1875-1963), pionnière et sportive accomplie

  • Aviatrice, cycliste, nageuse et alpiniste ;
  • Traverse Paris à la nage en 1906 ;
  • Première femme à terminer le Tour de France en 1908, malgré l’opposition des organisateurs ;
  • Détient des records en alpinisme et en aviation, elle a notamment réalisé la traversée des Alpes en ski ;
  • Première femme à obtenir le brevet de pilote d’avion en 1910 ;
  • Première femme au monde à voler seule sur un avion et à recevoir une distinction militaire pour son engagement en tant qu’aviatrice sanitaire.
  • militante active pour l’égalité des sexes, notamment dans l’accès des femmes aux carrières d’aviation et à d’autres domaines traditionnellement dominés par les hommes ; 
  • décorée de la Légion d’Honneur et de la Croix de guerre ;
  • décédée le 13 mars 1963 à Lunéville, en France.

Marinette Moulin (1925-2012), Résistante savoyarde

© DR © DR

  • Née le 7 mars 1925 à Coise (Rhône) ;
  • S’engage aux Forces françaises de l’Interieur et participe activement à son organisation . Entre en résistance en mars 1943 ;
  • Assure liaisons pour les formations de résistance de l’Union des femmes françaises clandestines + ravitaillement des camps réfractaires ;
  • Après avoir dénoncée, sa maison (adresse ?) est encerclée par la gestapo la nuit du 14 mars 1944. Arrêtée avec sa famille, elle n’a que 19 ans ;
  • La famille est conduite à Chambéry, à la Villa ménager, puis elle est transférée vers la caserne Curial, déportée à Romainville, Ravensbrück puis Flossenbürg et rapatrié le 5 mai 1945 ;
  • Reçoit distinctions honorifiques comme la croix de guerre avec l’étoile de bronze et le titre de Combattant Volontaire de la Résistance en 1952 ;
  • Décédée le 12 avril 2012.

Mila Racine (1919-1945), Héroïne juive de la Résistance

  • Née dans une famille moscovite ayant fui le régime soviétique et l’antisémitisme, émigrée en France dans les années 1920 ;
  • Se réfugie à Toulouse en juin 1940 et intègre l’Organisation juive de combat ;
  • Entre dans la Résistance en janvier 1942 et se rapproche d’un mouvement de jeunesse sioniste au printemps 1942 ;
  • S’engage dans le sauvetage des juifs et des personnes persécutées par les Nazis ;
  • À l’été 1943, crée un réseau clandestin pour faire passer des enfants juifs en Suisse ;
  • Pilote la section de Saint-Gervais et multiplie les passages clandestins ;
  • Arrêtée par les nazis le 21 octobre 1943, elle utilise une fausse identité pour masquer son origine juive ;
  • Détenue à la prison Montluc à Lyon, puis déportée à Ravensbrück le 30 janvier 1944 ;
  • Meurt le 20 mars 1945 à Amstetten, sous les bombardements alliés, quelques jours avant la libération de Mauthausen.

Lucienne Richel (1926-2020), militante et élue des Hauts-de-CHambéry

© DR © DR

  • Née Lucienne Gayet, connue sous le nom de Lulu Richel ;
  • Engagée dès les années 1950 pour les familles sinistrées du bombardement de 1944 ;
  • Cofondatrice du Centre social et culturel de Chambéry-le-Haut et du « Comité pour nos gosses » ;
  • Conseillère municipale de 1977 à 1983, défenseuse des équipements et services du quartier ;
  • Militante infatigable pour le logement social et la solidarité jusqu’à la fin de sa vie.
  • Décédée le 1ᵉʳ décembre 2020 à l'âge de 94 ans.

Marie Tranchant, née Geoffroy (1927-2024), figure de la Résistance savoyarde

© DR © DR

  • Entre dans la Résistance en mars 1943, quelques semaines avant ses 16 ans ;
  • Agente de liaison de l'Armée secrète en Maurienne ;
  • Toute sa vie, transmet le sens de l'engagement, le devoir de mémoire et milite pour la place des femmes dans l’Histoire ;
  • Militante pour la mise en œuvre du CNR, responsable de l’ANACR de Savoie (1970-1985), militante communiste et engagée au Secours Populaire Français ;
  • Humaniste et féministe convaincue ;
  • Décorée en 1997 de la Croix du Combattant Volontaire de la Résistance et de la Médaille de la Résistance française.

Madeleine Troccaz (1911-1945) Résistante savoyarde

  • Née le 30 juin 1911 ;
  • Secrétaire à l’Etat-Major de la subdivision militaire de Chambéry en 1940 ;
  • S’engage dans la Résistance en tant qu’agente de liaison, sous les ordres du Commandant Louis de Lavareille. Elle est affectée au réseau F.2 AS en juin 1942 sous les ordres du lieutenant Butin, pour lequel elle effectue de nombreuses missions et recherches et de secrétariat ;
  • Elle est arrêtée par la Gestapo à Sainte-Reine en Bauges le 1er mai 1944 lors d’une mission avec le lieutenant Butin ;
  • Elle est internée du 1er mai 1944 au 22 mai 1944 à Chambéry puis à Romainville et déportée du 23 mai 1944 au 7 mai 1945 à Ravensbrück, d’où elle s’est évadée deux fois, puis à Buchenwald ;
  • Elle meurt lors de son transfert de retour le 29 mai 1945.
  • A titre posthume, elle obtient la médaille de la résistance et la croix de guerre avec étoile d’argent en juillet 1946.

Amélie Zenzen (1920-2017) domiciliée rue Sainte-Rose à Chambéry Résistante savoyarde

  • Agente de liaison pour les M.U.R (Mouvements unis de la Résistance), son organisation d’appartenance, et pour l’AS (Armée Secrète) ;
  • Hébergeait occasionnellement des réfractaires au S.T.O ou des résistants dans la clandestinité et de passage à Chambéry ;
  • Requise comme femme de ménage à la Villa Ménager à Chambéry en 1943 ;
  • Profitant de sa situation, elle aide les patriotes arrêtés qui séjournent au sous-sol, dans des caves transformées en cellules, comme Jean Mercier. La Résistance, par son intermédiaire, était informée des personnes séjournant à la Villa Ménager, des interrogatoires, des dangers à parer, du nombre de « gestapistes »…
  • Arrêtée et internée par les Allemands le 28 février 1944 à Chambéry, puis à la prison Montluc de Lyon et à Romainville ;
  • Déportée le 18 avril au camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne), transférée le 7 mars 1945 vers celui de Mauthausen (Autriche), libérée par l'intermédiaire de la Croix Rouge le 9 avril 1945 et rapatriée en France le 10 mai ;
  • Elle décède le 1er juin 2017.

Un engagement durable

En inscrivant davantage de noms de femmes dans l’espace public, Chambéry participe à un mouvement plus large de reconnaissance de leur place dans l’histoire. Ces nouvelles dénominations ne sont qu’une étape supplémentaire dans la volonté de rendre l'espace public plus inclusif et représentatif de l'engagement des femmes dans tous les domaines.